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1 mai 2014 4 01 /05 /mai /2014 16:40

 

 

Bonjour à tous !


 

Aujourd'hui, pas de lecture au programme, mais de la MUSIQUE !

Et oui, nous vous invitons à fermer les yeux et à vous laisser immerger dans la merveilleuse culture inuite par le biais de ces quelques vidéos musicales... Elles illustrent à la fois la tradition orale de ce peuple, et à la fois son évolution, liée aux influences de notre société occidentale.

 

Pour cette première écoute, voici donc un chant typique traditionnel.

Laissez-vous entrainer par ce rythme très soutenu, par toute la richesse qu'apporte ce chant guttural.

On  peut facilement imaginer la transe dans laquelle se retrouvent les chanteurs !


 

 

  Pour notre second choix, voici une prestation réalisée lors d'un concours. On retrouve la même base de "vocalises" que sur la vidéo précédente : 


 

 

  Passons ensuite à une chanteuse Inuite, Elisapie ISAAC, qui a complètement su prendre le virage musical lui permettant d'être connue en dehors de l'Arctique ! On est certes loin des chants traditionnels, mais admettez que c'est doux à écouter :


 

 

 

Une autre, TANYA TAGAQ, qui a chanté aux côtés de la célèbre chanteuse islandaise BJORK, et qui est déjà venue réaliser des prestations en France. Dans un autre style musical, elle se décrit ainsi : « Je pense que j'ai un coeur punk. Ma musique, finalement, est punk. C'est de la musique de protestation ».

A vous de juger !


 

 

 

 

Il nous serait difficile de ne pas vous parler non plus d'une autre autre grande chanteuse Groenlandaise qui a joué dans le monde entier, il s'agit de Nive Nielsen & the Deer children, que l'on adore ! A découvrir absolument :

 

 


 

 

 

 

 

 

Et pour terminer, revenons aux traditions pures avec cette musique, cette magnifique berceuse enregistrée dans les années 50 par l'anthropologue Jean MALAURIE :


 

 

 

En espérant que cela vous aura donné envie d'en découvrir encore plus sur cette musique très riche de sens et d'émotions... Bonne écoute !

 

 

A bientôt !

 

 

 

Sources :

Youtube 

http://www.letelegramme.fr/local/morbihan/lorient/ville/tanya-tagaq-chanteuse-inuit-au-coeur-punk-22-08-2012-1814216.php 

 

 

 



 

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19 avril 2014 6 19 /04 /avril /2014 19:15

 

Une question que l'on aime bien poser aux enfants lors de nos présentations sur l'Arctique :

   combien existe-t-il de pôles d'après vous ?


Réponse courante chez les élèves, ainsi que chez les enseignants : deux ! Et oui, chacun pense naturellement au pôle Nord, et donc bien sûr à son opposé en Antarctique, le pôle Sud.

Voici pourtant la bonne réponse, il en existe en réalité dix !

Huit pôles terrestres, 4 au Nord et 4 au Sud, plus 2 pôles célestes, tous bien méconnus ! Les voici en détail pour ne plus les oublier désormais...

Nordpole.png

1 Les pôles géographiques :

ce sont les plus connus dans la représentation collective, car plus faciles à situer que les autres, ils représentent les points précis du globe où se rejoignent tous les méridiens. Ils forment les extrémités "physiques" de l'axe de rotation de la Terre.

Ils sont aussi respectivement le point le plus au Nord, ET le plus au Sud de la planète, soit à exactement 90° de latitude.

 

2 Les pôles magnétiques :

on les appelle également les "vrai pôles", par opposition aux pôles géographiques, et on ne connait leur existence que depuis le 11ème siècle. Ils sont les pôles vers lesquels tendent toutes les aiguilles de toutes les boussoles du monde ! Ce sont donc ces deux points magnétiques qui servent en navigation pour se diriger. Autre chose importante, ces pôles "se déplacent", ils ne sont pas statiques, et progressent de quelques dizaines de kilomètres chaque année. Au Nord, il a déjà franchi la côte canadienne. A quand donc un pôle Sud magnétique... en Australie ?!

D'ailleurs, cette dérive des pôles oblige les aéroports du monde entier à renommer régulièrement leurs pistes, puisqu'elles sont numérotées en fonction de leur orientation !

Et selon certaines études, le réchauffement global climatique pourrait avoir une influence dirècte sur la rapidité inhabituelle avec laquelle cette dérive se fait ces dernières années : à lire sur ce sujet.

 

Chaque astre possède  sa propre rotation axiale :

axial-tilt-planets.jpg 

3 Les pôles géomagnétiques :

on les détermine par un calcul, car ils suivent le tracé des pôles magnétiques, ils sont donc généralement plus proches de ceux-là que des pôles géographiques. C'est autour de ces pôles que l'on a le plus de chances d'admirer les fameuses aurores boréales et australes, ils forment ainsi la zone dite "aurorale" car ils correspondent au point de convergence des particules émanant des vents solaires entrant dans la haute atmosphère terrestre. On les situe entre 65° et 75° de latitude.

 

4 Les pôles de l'inaccessibilité :

il ne s'agit pas là d'un phénomène physique précis, mais d'une construction géographique. Ils se trouvent tous les deux à 83° de latitude, à plusieurs centaines de kilomètres des pôles géographiques. Comme son nom l'évoque, le pôle Nord de l'inaccessibilité est le point le plus éloigné de toutes côtes terrestres, et il s'est donc écoulé beaucoup de temps avant qu'il ne soit enfin atteint pour la première fois en 1958 par un brise-glace soviétique.

Le pôle Sud de l'inaccessibilité, lui, est sans doute le point le plus inhospitalier de la planète de par son altitude élevée (3700m), et surtout il est bien plus difficile à situer puisqu'il est compliqué de déterminer avec précision les côtes "solides" sur ce continent de glace. C'est donc après de nombreuses discutions que l'on a fini par lui trouver sa place définitive, encore une fois découverte par les soviétiques en 1958, endroit où trône encore aujourd'hui une statue de Lénine !

 

5 Les pôles célestes :

Steve_Ryan_-_Stars_around_Polaris_-_Day_62_-by-sa-.jpgils sont des références importantes en astronomie et en géographie. Ils représentent les points de la sphère céleste vers lesquels pointe l'axe de rotation de la Terre, qui n'est pas fixe non plus et se déplace avec le temps, points autour desquels le ciel et les étoiles semblent donc tourner ! Leurs latitudes sont de 90°, dans le système de coordonnées équatoriales (ou célestes).

Pour repérer le pôle Nord céleste par exemple, les astronomes se réfèrent à l'étoile polaire, étoile brillante actuellement la plus proche de ce pôle.

Tandis que le pôle Sud céleste joue encore une fois les mystérieux, puisqu'aucune étoile particulièrement brillante et donc facilement repérable, ne lui correspond précisément !

 

...Notons que quelques rares explorateurs  ont réussi à collectionner plusieurs de ces pôles, en tout cas pour ce qui concerne les pôles terrestres bien entendu !

 

 

 

 

 

Sources :

http://leschroniquesderorschach.blogspot.fr

http://passeurdesciences.blog.lemonde.fr

http://fr.wikipedia.org/

http://www.astronoo.com/fr/articles/inclinaison-planetes.html

 


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20 mars 2014 4 20 /03 /mars /2014 17:30

 

L'ARCTIQUE A LA UNE !


Quand on cherche la définition de l’Arctique dans le Larousse par exemple, on trouve la phrase suivante : « Relatif au pôle Nord et aux régions environnantes ».

L’avantage, c’est qu’on sait désormais que l’Arctique est au Nord, et donc, l’Antarctique par opposition, est au Sud ! On sait aussi que cela concerne les régions environnantes, c’est donc une région, plutôt vaste… Posons le dictionnaire et allons voir de plus près de quoi il s’agit !


D’où vient ce nom ?

nounours-1770bis.JPG

En Grec, ARKTOS signifie « Ours », et c'est donc parce que la constellation de la petite ourse indique toujours le Nord (céleste), que l'on a nommé cette région ARCTIQUE.

A l’opposé, nous avons donc l’ANTarctique, (ANT = privé de) qui porte bien son nom puisqu’elle n’abrite aucun ours sur sa terre !

D’ailleurs, l’autre nom de l’Arctique est : TERRE DES OURS !


Oui, mais l’Arctique ça s’étend jusqu’où ?

Il y a plusieurs façons de délimiter la zone Arctique.

     - La première des choses, et la plus importante, c’est que l’Arctique n’est pas un continent cart-2.jpgcomme son confrère polaire l’Antarctique. L’Arctique, lui,  est une immense région gelée au sein même de l’océan glacial Arctique (à l’opposé c’est l’océan Austral qui entoure l’Antarctique). Ce que l’on pourrait penser être une terre, puisque recouvert de neige toute l’année (pour l’instant), n’est en fait qu’une immense banquise (océan gelé) plus ou moins étendue suivant les saisons (réduite en été autour du pôle Nord), et entourée de l’océan Arctique.

     - Une autre des délimitations les plus simples est de dire que tout ce qui se trouve à l’intérieur du cercle polaire Arctique (66° latitude nord), représente la zone Arctique.

     - Une autre, enfin, peut-être un peu plus précise, mais plus complexe, explique que fait partie de l’Arctique, toute région située à l’intérieur de l’isotherme 10°C en juillet. Pourquoi ? Parce que cela correspond à la température  minimale à partir desquels les arbres ne poussent plus.


C’est qu’il doit faire sacrément froid ?!

flocon-neige.jpgLes températures dans les terres et sans vent, peuvent effectivement atteindre -40°c. En présence de vents que l’on appelle catabatiques (qui descendent des pentes gorgées de neige et de glace, à des vitesses folles de 160km/h, parfois même jusqu’à plus de 300km/h en Antarctique !), la température chute donc très rapidement et dangereusement.

Sur les côtes, les températures sont un peu plus modérées, c’est d’ailleurs là que les populations se sont ancestralement installées.


Qui vit en Arctique ?

De nombreux peuples vivent en Arctique, et ce depuis très longtemps !

On retrouve les très connus Inuit (qui veut dire « les gens ») au Groenland, Alaska et Canada ; les Samis - Sâmes – Lapons qui vivent en Laponie ; les Nenets et les Iakoutes en Sibérie, etc… 

Tous ces peuples ont vécu pendant de trèsInuit-Kleidung 1 nombreuses décennies de la chasse, de la pêche, et de la cueillette. Même si la flore en Arctique se restreint à des arbustes et des plantes de petite taille, on y trouve des baies très appréciées ainsi que des herbes qui égayent le quotidien culinaire des habitants.

Au cours de notre trek au Groenland nous avons pu côtoyer des tourbières peu propices à la culture, on ne trouve ainsi quasiment pas de jardins en Arctique et la majorité des aliments proviennent de l’importation (Danemark). Il ne faut pas oublier en effet, que le sol sous ces latitudes reste gelé en permanence (pergélisol), ou presque !


Quand a été découverte cette région ?

  Frise

Tout a commencé bien avant Jésus-Christ, en -330, lorsque l’explorateur Grec Pythéas part naviguer dans les eaux du Nord et s’approche de l’Islande... Mais il y eu ensuite de nombreux explorateurs à la conquête de ce vaste océan.

   Et il faudra attendre 982 pour qu’Erik Thorvaldson (dit Erik le Rouge) ne s’enfuie en direction du Groenland et s’y installe. A cette période, les colonies Vikings s’en prennent violemment aux peuples du Groenland.

   En 1909, Robert Peary déclare être le premier à avoir atteint le pôle Nord, sauf qu’il n’en ramène aucune preuve concrète !

   En 1926, Roald Amundsen choisit un dirigeable pour survoler le pôle Nord.

   En 1937, Ivan Papanine pose son avion sur le pôle Nord !

4.jpgUn peu plus typique, en 1951 Jean Malaurie atteint le pôle Nord géomagnétique en traineau à chiens, tandis que Wally Herbert atteint lui le pôle Nord géographique avec le même mode de transport.

Près de 60 ans après la France, les peuples de l’Arctique se dotent de la télévision en 1990.

Plus récemment, en 2010, Jean Louis Etienne traverse l’Arctique en passant par le pôle Nord en Montgolfière, et en 2013, Faysal Hanneche, un jeune Valentinois atteint le pôle Nord en ski et pulka !


Elle continue d’être explorée ?

Bien sûr, comme on vient de le voir, l’Arctique attire les plus grands sportifs, les amoureux de la nature, les aventuriers et les vacanciers en recherche de sensations extrême !

Il ne faut pas oublier que cette région abrite un fragile écosystème, et que l’empreinte de l’homme ne passe jamais inaperçu. En tout cas, elle est de plus en plus connue et reconnue comme région digne d’intérêt, puisque menacée


Et les animaux dans tout ça ?

On a vu qu’il y avait des ours polaires, mais il y a aussi unemaquette_animaux_polaires.jpg très grande variété d’animaux qui survivent dans cette région si inhospitalière ! Parmi eux on retrouve les phoques, baleines, renards, lemmings, lièvres, loups, caribous, bœufs musqués, ainsi que de très nombreuses espèces d’oiseaux, d’insectes et crustacés.

Une région où la faune et la flore sont très riches, fragiles et diversifiées, notamment avec des espèces que l’on ne retrouve nul par ailleurs !


Le réchauffement climatique ne doit pas les aider ?

Il est certain que la hausse des températures influe sur le mode de vie de ces animaux habitués au froid intense. Les ours se rapprochent de plus en plus des habitations à la recherche de nourriture qu’ils ne peuvent plus chasser, faute de banquise… Leur poids diminue dangereusement, mettant en péril l’espèce toute entière qui, en dessous d’une certaine masse, n’est plus en capacité de se reproduire.

Ce climat changeant modifie les comportements, les lieux de vie de tous les animaux du Grand Nord…

homme-terre.jpgPar ailleurs, moins de terres gelées, c’est aussi une étendue plus vaste disponible en permanence pour l’Homme, les zones où les bêtes se sentaient « protégées » diminuent de plus en plus. Prenons l’exemple des rennes en Laponie, l’urbanisation des espaces ne permet plus aux troupeaux de vivre sur un territoire exempt d’influence humaine, la quantité de pâturages diminue…

Les peuples de l’Arctique savaient spontanément gérer leur capacité de chasse pour ne pas menacer les espèces. Avec le mélange des cultures, le tourisme en développement, les mentalités changent au profit de la modernisation, et au détriment des croyances et traditions.


Que font les hommes ?!

L’être humain pense en terme de richesses, d’exploitations, de gain financier. Ainsi, les grandes puissances actuelles ont les yeux braqués vers le grand Nord qui est une réserve de ressources en matières premières non négligeable.

Chaque pays tente de tirer les frontières de l’Arctique vers lui pour étendre ses zones navigables, étendre les possibilités de forages, etc… Tout ceci ne peut avoir qu’un impact dramatique sur l’environnement et sur la préservation de la faune, de la flore, ainsi que des peuples autochtones.

Le réchauffement climatique est l’affaire de tous puisque ce sont les habitants du Monde entier qui contribuent à la production massive de gazs à effets de serre, et finiront également par ressentir les conséquences de la fonte des glaces polaires.

Notre façon de consommer, de nous déplacer, de ne pas voir ce qu’il se passe à des milliers de kilomètres... est au cœur du problème.

Certaines associations, certains pays font des efforts pour lutter contre cette façon égocentrique de penser, et donc contre la dégradation pure et simple de la qualité de la Vie sur terre, qui passe indubitablement par celle des pôles, si utiles à la régulation planétaire.


Quel avenir alors ?

Il est important que chacun prenne conscience qu’il a un rôle à jouer et que chaque action individuelle améliorera collectivement la qualité de l’air, diminuera cette courbe en folie de la production des gaz à effets de serre, et limitera la fonte des glaces polaires (notamment la banquise Arctique).comment-participer 0

Les états ont conscience des dégâts que causerait l’exploitation de l’Arctique, c’est d’ailleurs pour cela que des colloques, des conventions, des débats, donnant naissance à des textes de loi, ont lieu régulièrement. L’Arctique n’est pas encore une zone protégée comme l’Antarctique, mais l’idée existe...

Il est certain qu’un certain nombre d’espèces sont menacées par ce réchauffement climatique et par notre développement, mais des réflexions voient le jour et à chacun de s’approprier ces mesures et de changer un peu sa vision des choses et son mode de vie !


**************************

 

http://terreadelie.sblanc.com/pages/lexique-polaire.htm

http://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/arctique/5103?q=arctique#5077

http://www.institut-polaire.fr/ipev/les_regions_polaires/arctique/historique

http://www.cosmovisions.com/ChronoPolesExploN.htm

http://www.larousse.fr/encyclopedie/autre-region/Arctique/106015


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10 février 2014 1 10 /02 /février /2014 13:23

 

La notion d'amour en Arctique

 

Il est de saison d’aborder la notion ancestrale du couple dans ces populations au mode de vie si particulier...

Bien entendu, de nos jours, et avec l’implantation massive du Christianisme, les couples se forment librement, et les mariages ressemblent fortement à ceux que l’on peut rencontrer  chez nous !


Traditionnellement :

Initialement, le mariage chez les Inuit était complètement différent de tout ce que nous pouvons connaitre. Tout d’abord, il ne se présentait pas sous la forme d’un acte administratif, d’autant plus que pendant longtemps les Inuit ont fonctionné sur un mode de communication et de transmission orales principalement. coeur glace

Remontons le temps, et partons dans le grand Nord au milieu de la glace, dans une petite communauté Inuit au nord du Groenland... L’homme et la femme ont une fonction bien spécifique, l’homme se doit de chasser, la femme de le préparer, que ce soit au quotidien ou dans la fabrication des vêtements de chasse. Cette organisation garantit la survie de tous par une répartition organisée des tâches. N’oublions pas que partir en chasse, c’est aussi prendre le risque de perdre la vie !

Les villages sont petits, les communications avec les populations environnantes sont difficiles voir quasi-inexistantes.

Chacun a besoin de l’autre pour survivre, il est important que le groupe soit une priorité sur l’individualisme. Les « mariages » sont alors vus de cette manière : un arrangement, une façon de se compléter pour assurer sa survie physique.

Parfois les mariages sont arrangés avant même la naissance, et la promesse de mariage a lieu au moment de la naissance, avec la confirmation du sexe de l’enfant nouveau-né.  Le mariage permet une alliance entre les deux familles, une alliance avec un intérêt principalement économique (un fort potentiel à la chasse est un très  bon atout par exemple !).

La mortalité féminine étant plus importante, les hommes sont alors très tôt en recherche d’une partenaire qui serait enjouée (et oui, cet argument est très important pour égayer la vie dans ces conditions extrêmes !), jolie, et dynamique. Précisons que la notion de beauté ne comprend pas uniquement l’aspect physique, être beau, c’est entre autre, être quelqu’un de bon. femme-inuite.jpg

Dès l’âge de 14 ans les femmes peuvent se marier, les garçons devront attendre d’avoir appris à chasser tout type d’animal afin de pouvoir immédiatement répondre aux besoins de sa famille nouvellement fondée. Du coup, l’homme se marie rarement  avant l’âge de 20ans. 

Malgré une union assez jeune, les femmes ne tombent souvent enceintes que vers l’âge de 18 ans.

Afin d’éviter les conséquences d’une trop grande consanguinité, il est d’usage de pratiquer l’exogamie qui consiste en le fait de devoir choisir pour conjoint (e) une personne d’un autre village. De la même façon, il est tacitement interdit de s’unir à un parent ou cousin, jusqu’au 3ème degré. Grace à cela, la consanguinité chez les Inuit est presque 10fois inférieure à celle d’autres tribus autochtones du globe.

 

Le mariage :

Il a souvent lieu au printemps, au moment où la jeune femme est visiblement enceinte. En effet, les femmes Inuits ont fréquemment  développé une aménorrhée hivernale ce qui permet d’accoucher à la meilleure saison. C’est donc au printemps que commence à se voir la grossesse, grande fierté du mari.

Pour célébrer leur union, les époux partent en traineau pour s’installer plusieurs  semaines dans une tente à l’écart avant de revenir vivre chez le père de la mariée. L’époux « achètera » sa femme pendant 1 à 2 années en rendant service à son beau-père. eglise de glace

La tradition ancestrale voulait que l’époux kidnappe sa promise, que celle-ci se débatte même si elle souhaitait le mariage, et que l’homme l’emmène hors du village pendant quelques jours avant de revenir ensemble, ainsi officiellement mariés !

 

Dans l’intimité :

couple inuitPas de baisers sur la bouche, en public ou dans le privé, ceci est très mal perçu et ne se fait donc pas. Le très connu « frottage de nez » est monnaie courante. Les Inuits sont d’un naturel très pudique en ce qui concerne la démonstration de leurs sentiments et des marques d’affection. La femme se réserve à son futur époux, les ébats amoureux sont très discrets, d’autant plus à cause de la promiscuité au sein de l’igloo.  

Il n’est pas rare que lors du premier rapport entre époux, l’homme n’osant pas aborder sa femme, il commence en premier lieu par la frapper avant de pouvoir enfin arriver à débuter le rapport amoureux en lui-même !

Malgré toute cette réserve et ce peu d’expressivité, il est de coutume de vivre nu au sein des igloos (régulièrement surchauffés), et ce, même au milieu des allées et venues des visiteurs ! Pas de tabou chez les Inuit. Les Igloos sont un peu comme « entrée libre », nul besoin d’attendre l’accord du maître des lieux pour entrer !


La vie des mariés :

On pourrait parler les relations homme / femme pendant longtemps, ainsi que de l’éducation des enfants, mais ceci fera l’objet d’un prochain article, centrons nous sur le mariage pour l'instant !

couple 2La monogamie est d’usage. Cependant, étant donné que le « groupe » passe en priorité et que l’union est faite par soucis de survie, il n’est pas rare que le couple s’autorise des moments privilégiés avec une autre personne. L’important est que la femme puisse assurer le quotidien de son foyer, et qu’au cours de l’adultère, seul le don du corps ait lieu, pas le don des émotions. Il est une croyance qui dit que lors de rapports occasionnels, la femme ne peut tomber enceinte. 

« La famille, cellule de base, n’est qu’une commodité de regroupement toute provisoire… Chacun des conjoints appartient au groupe et il est bon, dans un esprit  d’unité politique, que le couple soit de temps à autre cassé ! »

Les époux sont d’une grande sincérité  l’un envers l’autre, les épreuves de la vie ayant cimenté le couple, le conjoint est informé et donne son accord pour un « prêt » occasionnel de femme, si c’est ce qu’elle souhaite !

Dans le même sens, l’échange d’épouses est fréquent afin de lutter contre la stérilité, la consanguinité et surtout, pour unir des amitiés ou célébrer des moments heureux pour l’ensemble du groupe.  Cet échange ne peut dépasser 2 ans. 

Par ailleurs, il n’est pas rare de voir un groupe se retrouver, éteindre les lampes à huiles et s’adonner au plaisir charnel avec la personne qui se trouve là, même si ce n’est pas son conjoint(e) !!! C'est ce que l'on appelle "le jeu des lumières", encore pratiqué de nos jours dans certains villages reculés du Groenland !

Pour finir, l’homme et la femme Inuit se disputent rarement mais lorsque cela arrive, cela peut prendre une forme de grande violence pour nous les occidentaux : femme tirée par les cheveux et frappée hors de l’igloo. Néanmoins, leur union est sincère et emplie d’un grand amour, en toute humilité, avec un grand respect de l’autre.  

 coeur

...Joyeuse Saint Valentin !

 

 

Et pour une immersion plus complète, voici une petite vidéo de chant de mariage Inuit :

 

Sources :

Livre " Les derniers rois de Thulé " de Jean Malaurie

http://www.gitpa.org/Peuple%20GITPA%20500/gitpa500-0-INUITfiche.pdf

http://www.regards.fr/acces-payant/archives-web/les-inuit-et-le-raffinement-des,5484

http://inuits.collegemv.qc.ca/etudiants/travail_amanda.pdf

http://jeanlouisetienne.com/poleairship/images/encyclo/imprimer/33.htm

http://fr.wikipedia.org/wiki/Mythologie_inuite

 

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18 janvier 2014 6 18 /01 /janvier /2014 16:07

 

WRANGEL ISLAND

 

Laissez-nous vous présenter une de ces nombreuses îles dont regorge l'océan glacial arctique, celle-ci est russe ! Elle dépend plus précisément du district du Tchoukotka.

Pour vous donner une idée, sa superficie est de 7608 km² (quasiment celle de la Corse) et elle se situe entre la Mer de Sibérie orientale et la Mer des Tchouktches, à 140 km des côtes sibériennes.

diskarluk.gif

 

Pour la petite histoire, cette île magnifique - vous aurez droit à un petit tour d'horizon tout à l'heure - porte le nom d'un homme qui ne l'a jamais trouvé et n'y est jamais allé non plus ! Et oui, l'explorateur russe Ferdinand Von Wrangel, tenta en vain au cours des années 1820 de trouver cette fameuse île dont il savait l'existence, sans jamais avoir réussi à y poser le pied.

Ses suppositions venaient de l'observation du vol de certains oiseaux qui semblaient partir dans cette direction, ainsi que des conversations qu'il avait put avoir avec le peuple Tchouktche. Malgré son échec, on octroyât à l'île le nom de celui qui l'avait tant chercher, un bien bel hommage !

 

Mais c'est seulement en 1867 que des baleiniers américains  la découvrirent réellement.

S'en suivirent tout un tas de revendications, d'abord des américains, puis durant la guerre, des islandais, russes, canadiens... Tout est bon pour mettre de côté de nouveaux territoires stratégiques.

En 1924, ce sont les soviétiques qui ont le dernier mot, et par la force bien entendu, en expulsant au passage les quelques Inuit installés là par les américains un an plus tôt...

Quelques années plus tard, l'URSS fonde alors une colonnie permanente sur l'île, un poste commercial et une station météo.

Et c'est en 1990 que le traité frontalier est signé entre les Etats-Unis et l'URSS, mettant ainsi fin à toutes ces petites disputes !

 

Très bien, maintenant que le décor historique est planté, partons faire la visite des lieux...

imaginez une île naturelle (si si, il en reste), montagneuse en grande majorité avec un point culminant à 1093 m, alternant pour le reste de ces paysages entre vastes plaines de toundra et zones de grands lacs et cours d'eaux (parfois atteignant 50 km de long), lagons, plages, maraîcages et falaises, le tout dans une ambiance brumeuse à souhait, et quasi déserte... Difficile de faire plus varié !Wrangell-St-Elias-National-Park.jpg

 

Une bonne nouvelle pour cette terre sauvage, en 2004 elle devient une réserve et entre ainsi sur la liste du patrimoine de l'UNESCO ! Et pour cause...

sovets10.jpg

Le mont Sovetskaya (1096m)

L'île représente un écosystème rare, précieux et très ancien, qui date du Quaternaire, dont la végétation, la formation géologique et la faune sont très fragiles car ont mis de très nombreuses années à s'y adapter. Il semblerait d'ailleurs qu'il s'agisse du dernier endroit à avoir abrité le mammouth laineux !

L'île regorge aussi d'espèces endémiques, dites "de Wrangel", différenciables de leurs homologues continentaux, de par leurs comportements notamment, tels le harfang des neiges (sorte de hibou polaire), le renne et le lemming.
wrange11.jpgLa Réserve de l’île Wrangel jouit du plus haut niveau de biodiversité dans le haut Arctique. Elle est également l’aire de nidification de la seule population asiatique de l'oie des neiges, dont la population est en chute libre... Ses eaux attirent aussi la baleine grise, alléchée par ses zones riches et qui fait le déplacement depuis le Mexique rien que pour s'y nourrir !

En somme, un paradis pour de très nombreux animaux, notamment des centaines d'espèces d'oiseaux migrateurs, des morses, et surtout des ours polaires, avec la plus haute densité de tanières ancestrales pour ce seigneur blanc de l'Arctique !

 

Pour finir, cette île qui joue le rôle de témoin de la diversité et de la richesse du patrimoine polaire, vient juste de s'ouvrir au tourisme... Et oui, ce phénomène est tout récent puisque la première saison touristique n'a eu lieu qu'en 2013 !

Espérons que cela ne change en rien ce sanctuaire naturel.

 

 

Sources :

Wikipédia.fr

UNESCO.org

larussiedaujourdhui.fr

http://www.nationalpark-adventures.com/

tout-sur-google-earth.com


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2 janvier 2014 4 02 /01 /janvier /2014 11:11

 

Les Inuit et l'alcool...

 

Et oui, c'est de saison ! En cette période de fêtes, l'alcool s'invite partout et à toutes les tables, du moins dans nos sociétés, mais nous avons voulu savoir ce qu'il en était tout autour de l'Océan Arctique :

  nome-saloon_3105.jpg

Nome - ALASKA

 

Il faut savoir que dans ces pays l'alcool n'a rien de culturel, contrairement à chez nous (!), et que les peuples des régions polaires, à l'instar de leurs voisins les amérindiens, n'ont pas "le gêne de l'alcool". Autrement dit, ils ne tiennent pas du tout l'alcool et sa consommation a tendance à les rendre violents, suicidaires et dépressifs... Bon ok un peu comme chez nous quand même, sauf que ces mêmes réactions se produisent après seulement quelques gorgées chez les Inuit, un aspect économique en somme !

 

Au vu de ces réactions impressionnantes et du taux de meurtres recensés dû à la consommation d'alcool au sein de ces populations, chaque gouvernement y va de sa décision concernant une possible prohibition totale sur la circulation de l'alcool sur leur territoire Inuit, plus ou moins tardivement pour certains...

 

Au Nunavut (Nord du Canada), depuis 1976 chaque communauté a le droit d'interdire - ou pas - l'importation de l'alcool sur ses terres. Ainsi, 35% de la population du Nunavut vit dans une communauté où l'alcool est prohibé, communauté dite "sèche" (par opposition à celles dites "wet").

Mais toute interdiction d'importation au milieu de ces grands territoires glacés est difficilement contrôlable, voir impossible.  

nounours-1529bis.JPG

En effet, tout au Nord de l'Alaska, vous ne trouverez ni frontière maritime, ni garde-côte pour empêcher toutes sortes de produits illégaux de pénétrer et de contaminer la population indigène.

 

Au Groenland, dans certaines grandes villes, l'alcool est autorisé à la vente, mais dans des conditions extrêmement réglementées, avec un nombre de bouteilles limité par jour et par personne, et surtout certains de la jours de la semaine uniquement !

 

Des études ont bien entendu étaient menées pour tenter de comprendre l'impact de la consommation d'alcool ainsi que sa prohibition sur les différentes communautés autochtones. 

Il semblerait que cela dépende de l'existence ou non des axes routiers et donc de l'isolement de ces populations.

En effet, dans les réserves amérindiennes desservies par des autoroutes, la prohibition de l'alcool n'a fait qu'exacerber les comportements à risques et la violence, alors qu'en Alaska, où l'isolement géographique est absolu, cette interdiction semble avoir apaisé les esprits.

Mais ces résultats sont à prendre avec des pincettes, puisque cela ne concerne que les faits rapportés à la police...

 

Notons que, lors des différentes colonisations en Arctique, les aborigènes se sont souvent vu enlever leurs attelages de chiens de traineaux, afin de les immobiliser et de mieux les contrôler. Ils ont été  contraints au christiannisme, nous les avons forcés à apprendre une nouvelle langue, à s'habiller autrement, à adopter de nouveaux rites, et à scolariser leurs enfants avant de les installer dans des immeubles.nounours-1531bis.JPG

Dans ces conditions de dénaturation, il est plus facile alors de comprendre comment de tels comportements de désinvolture liés à l'alcool et aux drogues ont pu naître chez les peuples autochtones de l'Arctique. Livrés à eux mêmes, sans autres distractions, il est désormais bien compliqué d'endiguer le phénomène...

La prohibition ne saurait régler cette problèmatique, avant tout culturelle.

 

En bref, vous l'aurez compris, si vous souhaitiez aller faire la fête sous les aurores boréales, préparez-vous à une toute autre sorte de festivités, et le plus souvent sans alcool.


  Et bien sûr, à consommer avec modération !


 

Source :

http://recherchespolaires.inist.fr

Dessins originaux :

by Caz


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19 décembre 2013 4 19 /12 /décembre /2013 19:30

Les bateaux de Jean-Baptiste Charcot

 

Quel nom donner à son bateau, à l'objet d'une vie, à l'aboutissement de tous ses rêves, à celui qui va nous mener à l'autre bout du monde en nous donnant ce sentiment de liberté si enivrant ?...

Les "POURQUOI-PAS ?" ont chacun leur histoire, mais elles sont toutes liées :

 

Qui était Jean-Baptiste Charcot ?

JBC.jpgBrièvement, cet explorateur né en 1867 à Paris, fut d'abord médecin, sur incitation de son père lui même médecin reconnu. Jean-Baptiste ne rêve pourtant que de prendre le large et de devenir marin. A 25 ans il fait construire son premier bateau, le "Pourquoi-pas ?", nom donné en réponse aux nombreuses questions qui mettaient en doute sa capacité d'être un marin....

Il décèdera en 1936, à l'âge de 69 ans, nous verrons dans quel contexte plus loin.

 

Les navires cotre.jpg

- Le 1er "Pourquoi-pas ?" est donc construit en 1893. C'est un bateau à voiles, à un seul mat. Jean-Baptiste Charcot partira 2 semaines en croisière avec et affirme alors son intérêt pour les mers polaires. Le commencement de l'histoire est là !

 

001-GOELETTE-ALTAIR-C.jpg- Le "Pourquoi-pas ? II" est acheté en 1896, toujours bateau à voiles, mais à 2 mats cette fois, il n'aura pas de grande reconnaissance dans un premier temps. Il est vendu pour être racheté et amélioré en 1899. Il traversera alors les eaux britaniques, atteindra l'Islande et dépassera pour la première fois le Cercle Polaire Arctique en 1902 !

 

- Le "pourquoi-pas ? III" accompagnera J-B Charcot de 1897 à 1899, il est doté d'un moteur. Il remontera le Nil, jusqu'à Assouan.

 

- Et pour terminer, le "Pourquoi-pas ? IV". Construit en 1907, ce navire signera la fin de cette série de bateaux, symboles de découvertes, d'avancées scientifiques et surtout de toute une vie de passion.

     De 1908 à 1910, il naviguera pour les Expéditions Antarctiques Françaises, rapportera de nombreuses données océanographiques, et il permettra surtout la découverte de la "Terre de Charcot" ! Cette île se situe au large de l'Antarctique, à 80 kilomètres de l'île Alexandre-Ier.

     Il devient en 1912 un navire école, le tout suivant la renommée croissante de son propriétaire.

      De 1918 à 1925, il accompagne des missions au Groenland.

     En 1934, 1935 et 1936, il transporte lesPourquoi-Pas-4.jpg missions du grand Paul-Emile Victor pour son immersion au sein du peuple Inuit, et également pour sa célèbre traversée de la calotte Groenlandaise réalisée en cinquante jours ( voir notre article sur les explorateurs polaires). J-B Charcot lui livre alors du matériel en 1936, il part du groenland et doit faire une halte le 3 septembre à Reikjavik-Islande pour réparer une chaudière. L'ancre est levée le 15 septembre pour rejoindre Saint Malo.

Une très violente tempète s'abat alors sur la région et après 12 heures de lutte, le "Pourquoi-pas ? IV" sombre le 16 septembre 1936 au large des côtes Islandaises, sur ses récifs, et il emmènera avec lui 23 morts, dont Jean-Baptiste Charcot, 17 disparus, mais laissera par chance UN survivant...

 

Et après ?

 

Ces bateaux, et cet homme, ont marqué l'histoire de la recherche et de la navigation polaire. A tel point que, depuis 2005, un nouveau "Pourquoi-pas ?" a vu le jour, en mémoire à ses prédécesseurs.

Il n'a plus rien de semblable avec les autres, et n'est pas fait pour se rendre dans les régions polaires, mais il navigue pour l'IFREMER (Institut Français de Recherche pour l'Exploitation de la MER) et pour la Marine Nationale. Une sorte d'hommage en quelque sorte...

PP5.jpg

 

" D'où vient cette étrange attirance de ces régions polaires, si puissante, si tenace, qu'après en être revenu on oublie les fatigues, morales et physiques pour ne songer qu'à retourner vers elles ? D'où vient le charme inouï de ces contrées pourtant désertes et terrifiantes ? Est-ce le plaisir de l'inconnu, la griserie de la lutte et de l'effort pour y parvenir et y vivre, l'orgueil de tenter et de faire ce que d'autres ne font pas, la douceur d'être loin des petitesses et des mesquineries ? "


  Jean-Baptiste Charcot "Le Français au pole Sud"

 

 

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Pourquoi_Pas_%3F

http://www.netmarine.net/bat/hydro/pourquoipas/celebre.htm

http://www.medarus.org/Medecins/MedecinsTextes/charcot_jb.html

http://gabierschimeriques.free.fr/pourquoi-pas.charcot/

http://fr.wikipedia.org/wiki/Pourquoi_pas_%3F_%282005%29

http://terreadelie.sblanc.com/pages/citation-polaire-antarctique.htm

 

 

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15 novembre 2013 5 15 /11 /novembre /2013 09:00

 

 

Le SKALUGSUAK (en Inuit) !

 

 

Mais qui est donc ce requin dont on entend peu parler, si difficile à observer, et à qui l'on prête toutes sortes de légendes ?!

 

Un tendre au coeur durrequin-groenland.jpg

Au fur et à mesure que l'on s'intéresse à lui, on ne peut être qu'attendri par ce gros lourdaud des profondeurs ! Mais derrière son apparence calme et à la bouille rigolote, le requin du Groenland est en réalité un prédateur redoutable. Son petit nom latin lui confère le titre de "dormeur à petite tête". On le prétend pourtant capable de chasser le grand ours polaire (si si !).

 

Un plongeur de première classe

D'un tempérament calme aux déplacements exceptionnellement lents, cet animal est d'un naturel curieux ! Etant donné que la bête a élu domicile à des profondeurs parfois supérieures à 2000m, il déjoue les lois de la physique qui font se rompre les bouteilles d'oxygène des plongeurs.

Plus grand que le fameux requin blanc, il peut atteindre 7m de long, peser jusqu'à 1 tonne et vivre plus de 200 ans, grimpant ainsi sur le podium des records de longévité des espèces animales (chez les vertébrés) !

Vagabondant dans les eaux glaciales de l'Arctique (voir carte), il est le seul de son espèce à évoluer toute l'année sur ce terrain de jeu qu'est le Grand Nord. On le retrouve aussi dans certaines eaux australes. Son adaptation aux milieux extrêmes est en partie due à plusieurs mécaniSomniosus_microcephalus_distmap.pngsmes biologiques, dont un qui rend sa chair toxique et non consommable. Si toutefois vous souhaitiez consommer sa chair à l'odeur particulière et au goût prononcé d'urine, vous risqueriez au mieux de finir ivres à cause d'une de ses neurotoxines, ou au pire, de finir mort, intoxiqué par l'urée stoquée en grande quantité dans l'animal. Ces 2 éléments permettent ainsi au requin du Groenland de traverser des mers glacées sur de longues durées, sans finir gelé !

Il met par ailleurs toutes les chances de son côté pour sa survie puisqu'il est ovovivipare (les oeufs se développent ET éclosent au sein du ventre de la femelle) et donne ainsi naissance à une dizaine de petits à la fois, déjà longs de 40cm environ.

 

SOS requin en détresse

Même s'il n'est pas comestible en l'état, les Islandais raffolent du "HAKARL", plat culinaire typique, réalisé à partir de requin blanc (qui subit un traitement spécifique de décontamination), le Hakarl se déguste (pour les plus courageux !) avec le "BRENNIVIN" littéralement "mort noire", une eau de vie de pomme de terre locale !

Le requin est pêché pour son huile de très bonne qualité, utilisée comme Somniosus_microcephalus_okeanos.jpgcombustible dans les lampes par exemple. Sa peau est également utilisée pour confectionner des accessoires de mode...

Son seul prédateur est le cachalot, cependant, il est tout de même classé parmi les espèces quasi-menacées. Il se retrouve en effet fréquemment pris dans les mailles des pêcheurs industriels lorsqu'il remonte à des profondeurs moins extrêmes...

Des études ont démontré que le requin présentait des traces de produits indsutriels et de métaux lourds dans son corps (comme de nombreux animaux marins de l'Arctique d'ailleurs), quel impact sur sa santé ? La question reste entière.

 

Tordons le cou aux préjugés

Les légendes et les croyances infondées mènent la vie dur à ce charmant requin des profondeurs. Certains lui attribuent des capacités hors normes ! En effet, il serait donc capable de tirer de la glace ours blancs et caribous... Il est bien plus crédible et envisageable qu'il récupère les animaux noyés après être passés à travers la glace.

Des Inuits auraient été attaqués lors de déplacements en kayak, mais nous n'avons pour trace que des histoires transmises oralement.

requin-groenland-2.jpg

Les pêcheurs le disent trop gourmand et il menacerait ainsi leur précieux butin de pêche. Ils lui coupent alors l'aileron puis le livrent à l'eau où les attend une mort lente... 

Un organisme à été créé : le GEERG (http://www.geerg.ca/) qui grâce, à ses recherches et études, tente de mettre en pièce ces mythes destructeurs. Leur site est en français, complet et il vaut vraiment le détour.

 

Question bonus : Comment cet animal si lent se nourrit il ?!

Déjà il faut savoir que le requin est carnivore et charognard, il dévore à peu près tout ce qui lui passe sous la main (enfin sous la mâchoire !) : narval, phoques, bélugas, crustacés, calmars, et toutes sortes de poissons.

Après tout, on l'a dit capable d'attaques foudroyantes, rappelez-vous !

De récentes études, plus en lien avec ses capacités physiques, démontrent qu'il aspire rapidement une grande quantité d'eau ce qui attire les animaux dans sa bouche qu'il referme comme un étau. Pour les plus grosses proies, il attendrait qu'elles soient en plein sommeil pour s'en saisir et la déchirerait en morceaux avalables pour lui.

Il fouille également les fonds marins, ce qui lui vaut ce museau blanchi et usé si caractéristique.

 

Petite légende inuite

Avant de vous raconter ce petit conte inuit, il est important de savoir qu'il était coutume pour ce peuple du froid de se laver... à l'urine !

"Il y a très longtemps, on dit qu'une jeune femme, qui venait de laver ses longs cheveux dans son urine, se les sécha dans un grand tissu. Une fois dehors, le linge fût emporté par le vent glacial, imbibé de cette odeur très forte. Il finit par tomber dans la mer, se transformer, et donna ainsi naissance à Skalugsuak, le premier requin du Groenland."

Le requin du Groenland est également rattaché à une autre légende, celle de la déesse de la Mer Sedna que l'on vous a déjà conté ici. En effet, chacun des doigts de Sedna s'étaient transformés en animal marin, dont le requin du Groenland ! Le requin fut ainsi chargé de venger sa déesse, et un jour, renversa le kayak du père puis mangea l'homme alors qu'il pêchait. Depuis, lorsqu'un Inuk meurt de cette façon (à la pêche), on dit que le requin a été envoyé par Sedna.

 

Pour finir, allez voir cette superbe vidéo d'un requin du Groenland,

pacifique la bête, non ?! A vous de juger !

 

 

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4 novembre 2013 1 04 /11 /novembre /2013 07:00

 

Une nouvelle qui ne laisse pas indifférent 

 

Le 24 octobre dernier, le parlement Groenlandais signait l’autorisation d’exploiter un gisement de minerai de fer, au nord de Nuuk, la capitale du pays. Dans la lancée, un débat a eu lieu quant à l’exploitation de l’Uranium, interdite jusque là et depuis 1988, et pourtant aujourd’hui autorisée (à 15 voies contre 14 !), à la grande inquiétude des Inuits et des défenseurs de l’Arctique…

Le parti Inuit a d'ailleurs depuis quitté le gouvernement en signifiant ainsi son opposition à cette mesure.

 

Nouveaux projets, nouvelles décisions, nouveaux idéaux :

 

C’est un véritable changement de politique qui s’opère depuis la fin 2012 avec une vision  soudainement favorable à  l’exploitation des ressources du Groenland. Il en est de même pour le Danemark (qui va très certainement valider les décisions du parlement groenlandais), et qui jusque-là s’était fermement opposé au nucléaire et à la radioactivité avec ce qui était appelé la « TOLERANCE ZERO » à toute forme d'activité dans ce domaine. Mais voilà, l’appât financier de l’exploitation de ce 5ème plus grand gisement d’Uranium au monde (!) semble faire tomber en miettes les plus belles valeurs environnementales et   les grands idéaux écologiques de ce pays, jusqu’alors considéré comme à la pointe de la préservation de l’environnement.

 

On peut tenter d'expliquer ce changement radical de cap de la part du gouvernement groenlandais, par le fait que le pays s'est vu obtenir plus d'autonomie en 2009, et est donc désormais en mesure de gérer lui-même ses propres matières premières.
Le Groenland a aussi longtemps été victime de son climat, avec des accès compliqués et des conditions de travail peu idéales, mais depuis que le réchauffement planétaire s'en mêle, les dirigeants de ce pays jusque là oublié du reste du monde se retrouvent tout à coup plein de possibilités quant au commerce, à l'exploitation, au développement économique, et on en passe.

 


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Les conséquences sur la faune et la flore, ainsi que sur la santé des hommes qui travaillent dans ses exploitations n’est plus à prouver (atteintes pulmonaires, rénales, cérébrales, au foie et au coeur, cancers, etc…) mais ceci semble bien  moins important que  de rester dans la concurrence mondiale à l’énergie nucléaire. Alors n’est-ce pas un peu hypocrite de la part du Danemark qui œuvre pour réduire l’impact écologique de son pays au maximum, qui a développé de 25% l’approvisionnement par énergie éolienne, que d’accepter que le Groenland puisse porter une telle atteinte à ses paysages et à ses habitants ?

 

Lors de son élection au Groenland en mars 2013, Aleqa HAMMOND, une socio-démocrate et élue récemment 1er ministre du pays, avait mis en avant son désir de développer les ressources autonomes des habitants de son pays afin de diminuer au maximum leur dépendance financière au Danemark (50% des revenus du pays proviennent actuellement de subventions danoises). Elle avait alors exposé que si autorisation d’extraction de minerai il y avait, elle demanderait à ce que ce soit les groenlandais qui soient embauchés, et ce, même par les entreprises étrangères.

Ceci devait contribuer à faire baisser le taux de chômage, conséquent dans ce pays. Etrangement, au final ce sont (entres autres) les     entreprises chinoises qui sont les plus intéressées par cette « poule aux œufs d’or » que représente ce minerai inexploité, et elles n'emploieront pas plus de 50% de Groenlandais dans leur main d'oeuvre ! On peut d'ailleurs aisément imaginer à quel type de postes ils seront affectés...


Des dégâts environnementaux dramatiques :

 

Un des représentants de Greenpeace explique l'impact de l'extraction minière elle même : "Pour extraire l'Uranium, il faut détruire de grandes surfaces de terres qui resteront stériles des années durant. Le traitement du minerai exige l'usage de produits chimiques toxiques : ammoniaque, acide chlorhydrique, kérosène et eau oxygénée. Ces substances sont systématiquement déversées dans l'environnement.

186865284.jpgLe plus grand risque pour l'environnement est dû aux résidus miniers laissés par le broyage et le traitement du minerai d'uranium. Ces résidus conservent 85% de la radioactivité du minerai d'origine sous forme de produits de désintégration qui se régénèrent sans cesse. Les tas de résidus miniers contiennent également des matières chimiques toxiques : acides, arsenic, nitrates et métaux lourds. Environ 175 millions de tonnes de résidus jonchent le sol canadien."

 

 

Lors d’une contamination , les ruisseaux et les animaux environnants deviennent impropres à la consommation. Est-ce alors ignorer volontairement qu’une grande partie des habitants du Groenland vivent encore de la pèche et de la chasse ? Notamment dans cette région de l'île au climat plutôt favorable avec des périodes de gel moins importantes.

 

« pollution du milieu aquatique, contrôles inadaptés et bilans environnementaux biaisés, défaut de réglementation et de sanction des dysfonctionnements », voici ce dont sont accusées certaines exploitations françaises minières d’Uranium, que laisse présager l’avenir avec une exploitation par les entreprises Chinoises, Russes, dont la préservation de l’environnement n’est pas une priorité ?

(cf articles ici , , encore , et pour finir ici !)


A noter qu’un gramme d’uranium 238 (le plus résistant),

ne se sera décomposé que de moitié, et au bout de 4,5 MILLIARDS d’années

 

"La construction de plateformes pétrolières ou d'oléoducs menace directement les coraux d'eau froide, qui, pour certains, ont plus de 2 000 ans, et comptent parmi les plus vieux animaux vivants de la planète", s’inquiètent les responsables d'une ONG.

Et en cas de pollution, les conséquences pourraient être désastreuses : "Températures glaciales, conditions climatiques extrêmes et éloignement géographique constituent de sérieux obstacles aux interventions de dépollution."


On ne nous dit pas tout !

"Nous voulons que le monde sache, que nous sommes plus que des icebergs : nous sommes une société civilisée", exprimait Palle Christiansen, ministre groenlandais de l'Éducation. Certes. Cela doit- il pour autant en passer par le nucléaire ?

 

Même si l’utilisation du nucléaire comme énergie semble en être la principale fonction, il ne faut cependant pas oublier qu'il peut également servir à la construction d’armes.


Cela a d'ailleurs déjà fait l'objet d'un article moqueur dans un journal satirique Danois qui sous-entendait que le Groenland s'équiperait en armes nucléaires pour se protéger de potentielles menaces Russes, Coréennes, etc.... Mais au vu de la mine d'or présente en sous sol et exploitable dans ce pays, l'humour noir de cet article pourrait parfaitement refléter un avenir pas si impossible que ça... A suivre, de près !

 

20.10.Nucleaire.bombe.atomique.champignon.930.620_scalewidt.jpg

 

 

http://www.lemonde.fr/europe/article/2013/10/25/le-groenland-ouvre-l-exploitation-de-ses-mines-de-fer-et-d-uranium_3502686_3214.html

http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2013/10/25/20002-20131025ARTFIG00487-groenland-feu-vert-a-l-exploitation-d-uranium.php

http://www.franceinfo.fr/europe/le-groenland-abroge-l-interdiction-d-extraction-de-l-uranium-1189191-2013-10-25

http://www.ccnr.org/uranium_cnp_f.html

http://www.euractiv.fr/developpement-durable/le-danemark-ouvre-la-voie-extrac-news-517416

http://heltnormalt.dk/nationensoje/2013/10/25/143719

 

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20 octobre 2013 7 20 /10 /octobre /2013 12:41

 

GROENLAND : le + grand canyon au monde.

 

Il y a un peu plus d'un mois, le monde entier découvrait au Groenland un canyon encore plus grand (2 fois + long exactement !) que le fameux Grand Canyon de l'Arizona (à rebaptiser donc ?!), mais pas plus profond ceci-dit. Et nous ne pouvions passer à côté de cette info ici !

 

Alors, combien mesure-t-il à votre avis ? Petit indice au-dessus, on vient de vous dire qu'il fait presque 2 fois le Grand Canyon ! Alors ....? Non, toujours pas ?! Et bien il mesure environ 750 kilomètres de long, et 800 mètres de profondeur !

13645017651480037219-600x375.jpg

Mais vous vous demandez sans doute, et vous auriez bien raison, comment une telle cicatrice a-t-elle pu passer inaperçue pendant si longtemps ? C'est peut-être parce que ce canyon se trouve SOUS les glaces du Groenland !

Il a été détecté grâce aux milliers d'informations collectées au cours des dernières années par les radars et satellites de la NASA. Les scientifiques britanniques responsables de cette découverte supposent que cette formation géologique serait née bien avant l'apparition de la calotte groenlandaise (environ 4 millions d'années).

 

Cette découverte pourrait donc expliquer en partie l'absence de lacs souterrains sur l'île -contrairement au continent Antarctique qui en compte plus de 150- puisque ce gigantesque canyon joue un rôle incontestable dans l'évacuation des eaux subglaciales de l'intérieur des terres vers l'Océan.

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L'occasion donc de croire que l'on est encore loin d'avoir percé tous les mystères de la planète, et surtout en ce qui concerne les pôles, encore bien trop inexplorés aujourd'hui !

 

 

 

 

Sources photo :

http://www.letribunaldunet.fr/

http://www.lefigaro.fr

 

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